Les livres de Pakkal!
Il y a maintenant trois tômes de Pakkal sortis!!
Déja paru:
Le tôme 1: Les larmes de Zipacnà
Le tôme 2: À la recherche de l'arbre cosmique
Le tôme 3: La citée assiégée
À venir:
Le tôme 4: Le village des ombres
Premier chapitre du tôme 4!!
Résumé des péripéties précédentes
Trompé par Nozinan, un sak nik nahal du
Refuge des sacrifiés, Pakkal révèle que Kalinox,
le vieux scribe, possède les codex de xibalbà,
codex renfermant bien des secrets sur le
Monde inférieur.
sur le dos de Cama Zotz, le dieu chauvesouris,
Pakkal est forcé par Buluc Chabtan de
se rendre chez Kalinox. Le vieux scribe, à l’aide
de son sifflet, appelle les animaux de la forêt
à la rescousse. La stratégie porte ses fruits, les
forces du Monde inférieur déguerpissent, mais
elles répliquent. Cette fois, Buluc Chabtan
n’entend pas à rire : il utilise son feu bleu.
Pakkal et Kalinox sont sauvés in extremis par
siktok le lilliterreux transformé en tornade.
C’est maintenant officiel : afin de pouvoir
sauver la Quatrième Création, Pakkal devra
former l’armée des dons, armée qui a déjà été
constituée durant la Troisième Création, mais
qui n’est pas parvenue à éviter la destruction
de cette dernière. itzamnà lui-même, père des
dieux, lui confirme sa mission.
Pakkal se voit dans l’obligation de
retourner à Palenque afin de participer à une
partie de Pok-a-tok. Les astres, de par leur
position particulière, le commandent. Le
prince ignore qui sera son adversaire, ce qui
l’inquiète.
Parallèlement, Katan, le chef de l’armée de
la puissante cité de Calakmul, dont le nez a
été arraché par un jaguar, s’apprête, avec ses
soldats, à attaquer Palenque. Pakkal tente de
l’en dissuader, mais sans succès. Lors de sa
fuite, le garçon est fait prisonnier par deux
chauveyas, soldats de Cama Zotz.
il apprend de la bouche de Zine’Kwan, le
grand prêtre, qu’il devra affronter son fils
selekzin au jeu de balle. Cet adversaire est
redoutable, d’autant plus que sa manière de
jouer est souvent déloyale et mesquine.
Pakkal retrouve sa mère qui éprouve des
sentiments mitigés face à la partie de Pok-a-tok
à venir.
Katan et l’armée de Calakmul décident
d’attaquer Palenque, mais ils se butent à
Buluc Chabtan qui utilise le sifflet de Kalinox
pour jeter une harde de jaguars sur eux. Puis
les chauveyas entrent dans la danse. C’est un
véritable massacre. un seul guerrier est
épargné : le puissant Katan. or, mordu par un
chauveyas, lentement, il en devient un.
Lorsque selekzin revient de son voyage à
xibalbà, le Monde inférieur, on s’aperçoit
rapidement qu’il n’est plus le même. ses traits
sont durs et ses yeux ont jauni. Zine’Kwan est
heureux, puisque lui et son fils pourront régner
comme roi et prince sur Palenque. Mais la joie
est de courte durée : selekzin se débarrasse de
son père.
Le match de Pok-a-tok a enfin lieu. Pakkal
se défend plutôt bien, mais le score est serré.
sentant que la partie lui échappe, selekzin
utilise ses nouveaux pouvoirs pour contrôler
la balle. Les spectateurs se révoltent et c’est le
chaos. Le prince, grâce à son don de contrôler
les insectes, parvient à empêcher un rocher,
dirigé par selekzin, de l’écraser.
enfin, l’armée des dons, avertie par
itzamnà, rapplique. après le tumulte, on arrive
à remettre la main sur le sifflet de Kalinox qui
était tombé sur le sol. L’armée des dons est
parvenue enfin à chasser xibalbà de Palenque.
Mais pour combien de temps ?
● ❂
●
SA COMENCE!!!
Lorsqu’il ouvrit les yeux après sa nuit de
sommeil, Pakkal retrouva l’angoisse qui
l’étreignait depuis plusieurs jours.
il était dans sa chambre, dans sa maison,
entouré d’objets qui lui appartenaient, ceux qu’il
avait pu récupérer ou qui avaient échappé au
pillage des chauveyas.
Chaque matin, son regard se posait sur
une poterie que sa mère, dame Zac-Kuk, lui
avait offerte le jour où il était parvenu à
graver son nom, pour la première fois, dans
du stuc, sous le regard attentif et sévère de
maître xantac, le scribe officiel de la cité, qui
lui servait de professeur.
Le glyphe représentait un bouclier, soit un
carré quadrillé aux coins arrondis. À chaque
coin, un croissant de lune dans un cercle ; en
plein milieu, un autre carré aux coins arrondis
représentant un visage endormi : cela signifiait
« Pakkal ». Le même glyphe ornait la ceinture
dont son grand-père lui avait fait cadeau pour
jouer à la balle. Le garçon ne voulait plus s’en
débarrasser, de crainte que cela ne lui porte
malheur. il dormait avec, même si ce n’était
pas très confortable. il avait tout de même pris
la décision de se fabriquer lui-même une
ceinture, mais plus il mettait celle ohl Mat,
plus il était convaincu qu’il ne pourrait pas y
en avoir une aussi confortable et pratique.
Pakkal avait retrouvé les morceaux de la
poterie que sa mère lui avait donnée éparpillés
sur le sol de sa chambre. Dame Zac-Kuk
l’avait spécialement fait fabriquer par siknak
le potier. elle représentait Pakkal en roi, image qui avait fort impressionné le jeune
garçon. il avait alors réalisé qu’un jour il
accéderait à la plus haute marche de la
hiérarchie de Palenque.
Lorsqu’il l’avait vue ainsi cassée, le prince
avait eu un pincement au coeur. il s’était
agenouillé et avait ramassé tous les morceaux.
il était par la suite allé voir siknak qui, sans
rien lui promettre, lui avait dit qu’il allait faire
tout son possible pour la reconstituer.
Le jour même, siknak avait remis la poterie
à Pakkal. Des fissures étaient visibles, elle
semblait fragile, mais le potier avait tout de
même réussi à la reconstituer.
Chaque matin, donc, le temps d’émerger
de l’engourdissement de la nuit, Pakkal fixait
la poterie et l’image de lui-même en roi qui
l’ornait. Puis il fermait les yeux et revoyait
dans sa tête les derniers instants passés dans
la Forêt rieuse avec sa mère. Pourquoi s’était-il
arrêté ? Pourquoi avait-il baissé sa garde ?
Comment avait-il pu laisser Cama Zotz, le
dieu chauve-souris, s’emparer de sa mère ? il
aurait tant aimé pouvoir retourner en
arrière.
avant de s’endormir, lorsqu’il était seul avec
ses pensées, le prince aimait s’imaginer qu’il
réussissait à sauver sa mère. Dans ses rêves les
plus audacieux, Cama Zotz le poussait pour le
faire tomber et saisissait dame Zac-Kuk, mais il
ne parvenait pas à s’envoler, puisque Pakkal
bondissait sur lui et lui assénait un coup qui le
faisait vaciller. Le garçon tirait alors sa mère des
griffes de Cama Zotz. D’un coup de poing, il
assommait la chauve-souris géante. sa mère,
saine et sauve, dormait aujourd’hui dans la pièce
d’à côté. Cependant, la réalité était tout autre
et elle angoissait Pakkal. sa mère était prisonnière
du Monde inférieur. où se trouvait-elle ?
souffrait-elle ? allait-il la revoir un jour ? Chaque
nouvelle question laissait s’infiltrer en lui la
culpabilité et il sentait son estomac se nouer.
Pakkal se leva et ouvrit la cage de bois qui
contenait Loraz, sa tarentule. il se recoucha
sur le lit, posa la bestiole sur son ventre, puis
lui flatta le dos.
on cogna à la porte. Pakkal tourna la tête.
Laya était appuyée au chambranle.
– Je te dérange ? demanda-t-elle.
– Non, dit Pakkal.
Laya s’avança. ses cheveux tombaient en
cascade sur ses épaules pour descendre
jusqu’au milieu de son dos. ils semblaient
soyeux au toucher.
La jeune fille s’assit sur le bord du lit du
prince.
– Tu penses toujours à ta mère ?
Pakkal tourna la tête.
– Non, mentit-il.
– Tu n’as rien à te reprocher, dit-elle.
– Je sais, fit Pakkal avec impatience.
– Nous allons la retrouver, murmura
Laya.
Pakkal perçut dans la voix de Laya une
tristesse infinie. Depuis que les forces du
Monde inférieur avaient été chassées de
Palenque par l’armée des dons, pas une seule
journée ne passait sans que Laya ressente le
besoin de se réfugier dans la forêt pour
pleurer. avant que le soleil ne se couche, elle
revenait en ville, les yeux rougis par les torrents
de larmes qu’ils avaient déversées. elle
était maintenant orpheline puisque, dans sa
folie meurtrière, le grand prêtre Zine’Kwan
avait offert son père aux dieux. elle avait pu
discuter avec lui dans le Refuge des sacrifiés,
mais depuis que Zipacnà, le géant à la tête
d’alligator, avait renversé la sinistre bâtisse
pour libérer les sak nik nahal, elle n’avait pas
pu lui parler de nouveau. Par ailleurs, Pakkal
s’était aussi demandé où étaient passés xantac
et toutes ces âmes prisonnières du Refuge des
sacrifiés. Certes, elles avaient recouvré leur
liberté, mais pour aller où ?
un jour, Pakkal avait suivi Laya dans la
Forêt rieuse, curieux de savoir ce qu’elle y
faisait. il ne pouvait concevoir qu’elle pleurait
toute la journée. il avait assisté à un spectacle
aussi triste que pénible : Laya, à haute voix,
n’avait de cesse d’appeler son père, ximoch, le
marchand de jade. Plus les minutes passaient
sans qu’elle obtienne de réponse, plus elle
désespérait. Pakkal avait rebroussé chemin, le
coeur chiffonné. Depuis la disparition de son
père, Laya n’était plus la même : elle ne souriait
plus, mangeait très peu et, encore plus inquiétant
et invraisemblable, ne parlait plus.
sans lever les yeux de son araignée qui
grimpait lentement sur sa poitrine, Pakkal
déclara :
– Nous allons le retrouver.
Laya esquissa un sourire contrit en fixant
le vide.
– sauf ton respect, prince Pakkal, je n’en
crois rien.
– Pourquoi pas ?
– Parce que je le sens.
il y eut un silence, puis Pakkal dit :
– est-ce que tu sens que nous retrouverons
ma mère ?
– oui.
Pakkal sentit que son amie avait voulu lui
faire plaisir. Laya était désespérée et déprimée.
Le garçon leva la main et toucha doucement
sa tête. La texture de ses cheveux lui fit penser
à ceux de sa mère. La princesse ferma les
paupières. Les caresses de Pakkal alourdirent
sa tête.
Ce doux moment fut interrompu par un
cri provenant de l’extérieur de la hutte royale.